Erwin Olaf


Biographie

Né en 1959 aux Pays-Bas, Erwin Olaf est un photographe néerlandais. Il vit et travaille à Amsterdam. Il commence une carrière en photojournalisme puis dans la publicité pour des groupes internationaux (Levi’s, Diesel, Heineken…). En 1988, il reçoit le premier prix du Young European photography. En 2012, ses œuvres sont exposées à la Galerie Rabouan Moussion à Paris et sa série The Keyhole a été installée au Grand Palais à l’occasion d’Art Paris/Art Fair. En 2013 son univers prend place à la Sucrière de Lyon.

Dans la Collection Meeschaert

La série « The Keyhole » littéralement « le trou de la serrure » est une invitation au voyeurisme. Ces photographies amènent le spectateur à une mise en abyme : il se trouve seul, devant un sujet également seul. Les modèles ont les épaules voûtées et sont dans une attitude punitive. Il n’y a pas le plaisir du voyeur qui surprend mais plutôt son malaise car le sujet lui tourne le dos. « C’est un travail sur la honte, qui renvoie à la condition humaine et évoque en chacun de nous un passage de sa propre existence. C’est une appropriation instinctive qui pourrait se vivre comme une inévitable prise de conscience de la fragilité ». Le modèle fuit le spectateur et la lumière est au cœur de son travail de photographe : elle vient se poser sur les corps. L’artiste réfléchit dans cette série à la culpabilité, aux hontes et aux traumatismes. « Si je ne parle pas forcément de ma solitude, explique l’artiste, j’essaie de capter celle des autres. » Les photographies de cette série sont accompagnées d’une installation où le spectateur peut voir à travers deux portes par le trou d’une serrure.

Erwin Olaf, Keyhole 3, Photographie, 113 x 84 cm

Style

Inspiré par les maîtres hollandais, qui tentaient de figer la lumière par des mélanges de peintures et de faire vivre leurs tableaux par la précision du détail, Erwin Olaf donne à ses personnages une humanité figée au moyen de la photographie. Il s’approprie les codes de Rembrandt, Van Eyck… avec modernisme.

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.