Nan Goldin

Biographie

Nan Goldin, de son vrai nom Nancy Goldin, est une photographe américaine née le 12 septembre 1953 à Washington. Elle commence à prendre des photos après le suicide de sa sœur, et devient obsédée par l’idée de ne plus jamais perdre le souvenir de personne. Suite à cette tragédie, elle fuit la maison familiale pour Boston et commence, dès l’âge de quinze ans, à prendre des photographies de ses amis sur les pelouses de la Satya Community School, école autogérée installée à Lincoln. Son travail se poursuit grâce à son amitié avec de jeunes drag queens de Boston. En 1973 Nan Goldin expose ses premières photographies prises dans les milieux gays et travestis dans une galerie de Cambridge, Massachusetts. A partir de 1974, elle étudie à l’école Imageworks de Cambridge. Elle fréquente l'Ecole du musée des Beaux-Arts de Boston où elle se lie d’amitié avec les photographes Mark Morrisroe, Jack Pierson, Philip-Lorca Di Corcia et David Armstrong. Elle y apprend les techniques de la photographie couleur et est diplômée en arts plastiques. En 2007, l’artiste reçoit le prestigieux prix Hasselblad.

Dans la Collection Meeschaert

L’œuvre présentée est issue d’un portfolio de dix photographies réalisées et vendues au profit de la fondation Elton John AIDS. Depuis sa création en 1992 aux Etats-Unis et en 1993 en Grande-Bretagne, l’association créée par le chanteur britannique soutient des actions de prévention, d’éducation et de soin contre le VIH.
Cette collection éditée en quarante exemplaires numérotés et signés réunit le travail de certains des plus grands photographes contemporains. Chaque portfolio contient dix photos originales de mêmes dimensions réalisées par Nan Goldin, Ruud van Empel, Sally Mann, Richard Misrach, Sam Taylor-Wood, Damien Hirst, Shirin Neshat, Katy Grannan, Juergen Teller et Thomas Struth. A travers ces œuvres les artistes illustrent tour à tour leur soutien aux personnes les plus fragiles, qu’elles soient malades ou rejetées socialement.
Cette photographie a été prise dans un hôtel parisien. Elle représente une femme nue, floue, entourée d’une lumière dorée, douce et tamisée. Cette lumière est un clin d’œil au titre : « Sunny » se traduit par « ensoleillé ». La femme porte son regard sur l’objectif et se cache le corps et le visage comme si Nan Goldin s’était introduite dans son intimité, lui volant ce cliché.
C’est la vulnérabilité dégagée par le modèle, l’intimité du moment qui révèle à l’artiste l’affirmation de vivre au présent et non plus dans une logique ancestrale d’une temporalité péremptoire, celle de l’Histoire, avec un passé et un futur. C’est une esthétique d’ici et maintenant et de toutes les différences.

444 - GOLDIN Nan - Sunny in the Sauna

Nan Goldin, Sunny in the Sauna, L’Hôtel Paris, 2008, Photographie,60,96 x 50,8 cm

Style

Les œuvres de Nan Goldin sont profondément personnelles. Elles agissent comme une autobiographie visuelle sur elle-même et ses proches. En photographiant ses proches, elle fixe leur vie sur la pellicule, comme une sorte d’hommage à ses amis, ses parents, ses amants. Elle recherche la vérité à tout prix, quel que soit son aspect gênant, ennuyeux ou compromettant.

L’artiste se fait l’écho des communautés gay et transsexuelle rencontrées par l’intermédiaire de son collègue et ami photographe David Armstrong. Ses premières œuvres démontrent un intérêt particulier pour les images de drag queens, sujet dont elle poursuivra l’étude dans tout son travail. Dans les années 1990, elle commence à décrire les effets de l’épidémie du SIDA, voyant mourir beaucoup de ses proches.

Les principaux thèmes évoqués dans son œuvre sont la fête, la drogue, la violence, la perte, la sexualité, la passion, le désespoir, la mort et l’angoisse. « Pour moi, la photographie est le contraire du détachement. C’est une façon de toucher l’autre : c’est une caresse. » exprime Nan Goldin.

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.