Analia Saban

Dans la Collection Meeschaert

Dans ses « collapsed-drawings », Analia Saban s’approprie l’œuvre de maîtres, ramenant chaque image à la séquence très basique des points et des lignes qui la forment. La sobriété technique du procédé, découpe du papier au laser, marque légèrement le support en laissant des pans flottants en suspension. Les icônes de la création occidentale se décomposent, s’effilent doucement.

Analia Saban recrée ici Le Grand Bois, dessin réalisé par Matisse en 1906. Elle réalise l’œuvre sur papier puis en découpe certaines lignes qu’elle laisse flotter au bas de la composition. L’incision des motifs au laser apporte une grande précision. Les lignes déposées et ainsi entremêlées de façon aléatoire créent une nouvelle sculpture.

Analia Saban utilise des lignes déjà créées, ici par Matisse, en s’inspirant du concept de « ready-made » prônant l’utilisation d’objets existants.
Ces lignes, libres, pourront créer une nouvelle sculpture si l’œuvre est remuée et que les motifs en papier en sont déplacés.

Collapsed Drawing: « Le Grand Bois » (Henri Matisse), 2007, Impression digitale sur papier découpé au laser, 81,3 x 61 x 6,4 cm

Style

Analia Saban s’intéresse à ce qui constitue physiquement l’image pour comprendre ce qui permet à l’œuvre d’exister. Pensant l’œuvre par strates, lignes directrices et densité matérielle, elle utilise différentes stratégies pour déconstruire l’œuvre initiale et révéler à travers une nouvelle forme son processus d’élaboration.
L’utilisation de la ligne à travers l’histoire de l’art inspire l’artiste qui l’appréhende comme un langage. Des lignes iconiques comme celles de Cy Twombly, Matisse ou Picasso lui permettent d’utiliser le vocabulaire des artistes pour créer de nouvelles compositions.

Thématique : Le quotidien dans l’art

Le quotidien est la vie qui revient de manière répétitive et prévisible. Il est une source d’inspiration pour les artistes, qui documentent le réel à travers une idée, un lieu, une histoire. Des orientations singulières sont prises pour raconter ce qu’ils ont vu ou vécu. Inscrites dans la modernité, les œuvres sont symboles de la société, elles sont des images de référence. Le quotidien est devenu une banque d’images dans laquelle puiser, il s’agit d’explorer la réalité pour la rendre extraordinaire. L’art s’installe dans notre quotidien, en tous lieux, dans l’espace public, et envahit le réel. Le street art par exemple sublime le quotidien et détourne le paysage urbain. La photographie quant à elle, permet d’intégrer le quotidien dans l’art en capturant l’architecture, le paysage, les gens. Le monde familier se trouve ainsi sublimé. « L’œil de l’artiste permet de découvrir sous un jour nouveau le quotidien […], qui se trouve réinventé à travers les propositions créatives. » Global Corporate Collections. Des natures mortes de Cézanne, aux accumulations d’Arman, l’art depuis longtemps déjà est indissociable de la vie ordinaire.

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