Vera Molnar


Biographie

Née en 1924 à Budapest, elle vit et travaille à Paris depuis 1947. Ses ancêtres plastiques sont incontestablement Kandinsky, Malevitch, Mondrian et Klee, mais, si l’œuvre de Vera Molnar s’est élaborée à partir de leur héritage, elle s’en est aussi fortement démarquée et l’artiste demeure aujourd’hui avec François Morellet une représentante de l’art conceptuel.  Un désir identique de minimalisme et de géométrisation caractérise leurs démarches.

Dans la Collection Meeschaert

Dans le tableau Quatre quarts, Vera Molnar joue avec les longueurs et épaisseurs des traits afin d’en changer le rythme et la composition selon une distribution compartimentée en 3 ou 4 portions de tableau. Il s’agit pour elle d’animer la surface de façon calculée, programmée, impersonnelle. Les œuvres Carré tronqué scindé en deux, Deux pistes se croisent, et Scindé en trois sont des acryliques sur toile, et rejoignent l’objectif développé en 1915 par Malevitch, « Vera Molnar cherche à ce que la peinture reste dans le domaine de la perception, sains imposer aucune signification à l’œuvre et au spectateur. »

17 - MOLNAR Véra - carré tronqué scindé en 2

Vera Molnar, Carré tronqué scindé en deux, 2001, Peinture, Acrylique sur toile, 100 x 100 cm

Style

La peinture de Vera Molnar est abstraite et géométrique, des lignes simples, une attirance pour le trait, le contour, des formes minimales, élémentaires, une organisation sérielle et un chromatisme bien particulier, du noir sur du blanc. A partir de 1968 elle est une des pionnières de l’utilisation de l’ordinateur dans sa création artistique. Son art porte sur la forme, sa transformation, son déplacement, sa perception. La représentation de la nature ne l’a jamais intéressée, et, quand elle cherche à expliquer les véritables raisons de son choix de travailler sur ces seules formes c’est dit-elle, que « la simplicité de ces formes l’émeut encore et toujours ».
« L’œuvre picturale est avant tout sensible, elle s’adresse à l’œil. C’est pour l’œil humain que je veux faire des images. L’art de la peinture commence sur la rétine, d’abord celle du peintre, ensuite celle du spectateur… L’art doit être humain, c’est-à-dire conforme à la nature humaine ».

Thématique : L’abstraction pour sujet

Les premières œuvres d’art abstrait apparaissent au début du XXème siècle et révolutionnent l’histoire de la peinture. Des artistes montrent des formes qui ne représentent pas le monde extérieur. L’abstraction s’oppose à la figuration car elle rompt le lien entre l’œuvre et la réalité. Le triomphe de la couleur, de la forme et l’absence de référent figuratif sont les signes de cette nouvelle liberté dans l’art. Le but est de faire ressentir aux visiteurs l’intensité des œuvres par l’émotion. C’est une attention nouvelle aux matières et à la pénétration de la lumière, cela questionne l’impact des couleurs sur notre univers. Les peintres abstraits sont émus par la simplicité des formes, ils ne sont pas intéressés par la représentation exacte de la nature, ils privilégient le geste et l’espace. La peinture libérée de tout sujet invite à l’imagination et à faire le vide dans un monde saturé d’images. Beaucoup d’historiens s’accordent à dire que l’abstraction est née du travail de deux artistes russes (Kandinsky et Malevitch) et d’un artiste néerlandais (Mondrian). Les peintres expérimentent de nouvelles images et formes, en quête d’un monde intérieur. C’est après l’invention de la photographie en 1839 que certains artistes ont remis en question le besoin de reproduire la réalité puisque la photographie le fait très bien. La couleur et la forme / Le geste et la ligne / La géométrie / L’illusion de la perception / L’émotion et la méditation.