Peter Halley


Biographie

Né en 1953 à New York, Peter Halley est artiste, enseignant, critique et théoricien d’art. Au début des années 80 il devient le porte-parole d’une nouvelle abstraction : Neo geo (nouvelle géométrie) par opposition à la Nouvelle Figuration qui dominait alors la scène internationale. Il a publié des essais sur l’impact de la géométrie sur l’art abstrait. De 1984 à 1987, il fonde et gère avec Jeff Koons la galerie International With Monument. Ses œuvres sont notamment exposées au Dallas Museum of Art, au musée Guggenheim à New York, au musée d’art moderne de San Francisco et au musée d’art contemporain de Lausanne.

Dans la Collection Meeschaert

Peter Halley conçoit ses compositions dans un jeu de relations entre ce qu’il appelle les « prisons » et les « cellules ». Ces dernières reflètent la géométrisation croissante de l’espace contemporain, sclérosante pour les vies et les pensées. Depuis 1981, il travaille ce motif en série, ajoutant à cette évocation carcérale un système de conduits, reflet des moyens de transmission de la vie quotidienne. Ici la cellule de prison est une métaphore de l’isolement moderne. Après avoir emménagé dans un 10m² à New York, l’artiste s’est senti enfermé comme dans une cellule. Il fait une analogie entre les conditions de vie en ville et les conditions carcérales. Il évoque la géométrie de la ville et l’uniformisation, un sentiment d’enfermement naît à la vue de cette œuvre, l’enfermement dans les moyens de transport, l’enfermement dans le travail, et l’enfermement dans un espace d’habitat confiné. On peut aisément rapprocher Peter Halley d’un autre artiste de la Collection Meeschaert, il s’agit de Romina de Novellis, inspirée, elle aussi, par le thème de l’enfermement.

414 - HALLEY Peter - Untitled

Peter Halley, Blue Prison, 2015, Acrylique, acrylique day-Glo & Roll-a-Tex sur toile, 109 x 109 cm

Style

Depuis le milieu des années 90, Peter Halley réalise des installations in situ : il joue sur le dialogue entre l’œuvre et son environnement, recouvrant de peinture les murs sur lesquels il accroche ses œuvres. L’emploi de matériaux industriels, le Day-Glo et le Roll-a-Tex, une peinture acrylique fluorescente et un crépi synthétique, créent un impact visuel immédiat et reconnaissable.

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.