Nadav Kander


Biographie

Né en 1961 en Israël, Nadav Kander grandit jusqu’au milieu des années 80 en Afrique du Sud avec ses parents, avant de s’installer à Londres où il réside toujours. C’est à l’âge de 13 ans qu’il commence à faire de la photo, un talent qu’il peaufinera en développant les clichés aériens de l’armée de l’air d’Afrique du Sud. Nadav Kander est un photographe soutenu sur la scène internationale par Nike, Absolut, Amnesty International, Levis, Marithé et François Girbaud… Il a été récompensé par le prix Pictet en 2009 dédié au développement durable. Il est représenté à la National Portrait Gallery et au Victoria and Albert Museum de Londres. Il a également produit la série Obama’s people, 52 portraits de l’administration inaugurale du président américain, commandés par le New York Times.

Dans la Collection Meeschaert

Sa série Yangtzé, le long fleuve illustre, de la source à l’embouchure, le changement qui affecte les paysages et les communautés chinoises autour du plus long fleuve de Chine. Une personne sur dix-huit vit sur les rives du Yangtzé qui coupe la Chine en deux, d’est en ouest. Il offre une vision personnelle et singulière du cœur de la Chine, et prend parti politiquement. Son travail est un document du moment, de l’époque où il se concentre sur l’atmosphère environnante et ce qu’il ressent. Il nous donne à voir une vision déroutante et surréaliste de ses zones côtières et de sa population. Bien que la Chine soit le pays le plus peuplé du monde, dans les photos de Nadav Kander les paysages sont vides de toute présence humaine, ou plutôt la présence humaine est signifiée à travers ses constructions. Les hommes disparaissent derrière les tonnes d’acier, de béton. Cette urbanisation domine la nature, les hommes, qui ont du mal à se faire une place dans le cadre. Le Yangtzé est un fleuve bleu, pourtant les couleurs ocre dominent. La Chine dans cette série honore bien son statut de plus grand pollueur du monde et l’urbanisation s’accapare même la couleur, puisque le seul bleu de la photographie est dans les parasols et le camion. Ce fleuve s’écoule paisiblement puisque les hommes ont dompté le Yangtzé grâce au plus grand barrage du monde. Qu’est devenu ce puissant fleuve tumultueux sur lequel naviguait Steeve MacQueen ? A travers ces photos, Nadav Kander nous donne la réponse : le fleuve est devenu le plus grand réservoir d’eau polluée du monde. C’est pour cette série qu’il a obtenu le prix Pictet en 2009, le prix international de photographie consacré au développement durable.

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Nadav Kander, Yibin IV (morning meeting), Sichuan Province., 2007, Photographie, 122 x 147 cm

Style

Nadav Kander a choisi un langage photographique de tons neutres, animés par de petites touches lumineuses. Son style doit beaucoup à la photographie de paysages américains. Il a réalisé de nombreuses séries sur le corps, sur la ville et sur les changements d’environnement touchant l’être humain au cœur de la société. Il nous invite à contempler la condition humaine tout en rappelant que c’est toujours la nature qui domine l’homme. « Dans mon travail j’essaie de refléter la réalité de l’être humain. Les émotions que nous éprouvons jour après jour. Il y a tant de beauté dans la vulnérabilité, mais l’imagerie populaire masque les ombres de nos vies dans le but de repousser l’inévitable. Que je réalise des paysages, des nus ou des portraits, je fais référence à la beauté et à la crudité de nos vies intérieures », explique l’artiste.

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.