Mélanie Pullen


Biographie

Née en 1975 à New York, Melanie Pullen vit et travaille à Los Angeles. Elle est représentée par la Jenkins Johnson Gallery de Los Angeles. Photographe autodidacte, elle est connue sur la scène internationale pour sa série High Fashion Crime Scenes qui couvre une centaine d’œuvres réalisées entre 1995 et 2005. Pour cette série, l’artiste réunit plus de 80 personnes, une photographie prend environ un mois et elle utilise des vêtements et accessoires d’une valeur totale de 13 millions de dollars. Ses séances de photos ressemblent souvent à des décors de cinéma.

Dans la Collection Meeschaert

Phones rappelle l’industrie cinématographique où la violence a été mise en scène et sublimée. La rencontre entre le beau et le brutal fascine, les émotions que la photographie suscite nous renvoient à nous-mêmes, à l’attrait de l’horreur et donc au voyeurisme.

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Mélanie Pullen, Phones (High Fashion Crime Scenes), 2005, Photographie, 121,9 x 160 cm

Style

Melanie Pullen recrée des scènes de crime à partir des documents d’archives de la Police de New York et de Los Angeles et des médecins légistes. Ces dossiers examinent des crimes qui ont lieu à Los Angeles au début du siècle dernier. Certains de ses choix proviennent de dossiers criminels dans lesquels il manque une pièce. Ces photographies ouvrent alors la porte au mystère et l’observateur joue un rôle essentiel dans le récit puisqu’il a sa propre interprétation sur la vie de la personne et sa mort tragique. Son intention est la critique de l’idéalisation de la violence par l’utilisation de belles femmes dans des vêtements de haute couture. L’industrie de la mode nous bombarde avec des images apparemment normales de femmes qui s’infligent des souffrances épouvantables. On se concentre sur la beauté en ignorant la brutalité. High Fashion Crime Scenes est un voyage, cette série manipule nos sens, elle attire notre attention sur la façon dont nous percevons la violence.

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.