Lydia Venieri


Biographie

Née à Athènes en 1964, Lydia Venieri vit et travaille à New York.

Dans la Collection Meeschaert

Lydia Venieri est une artiste grecque dont le projet « War games » juxtapose la violence des conflits aux yeux innocents de poupées d’enfants. Mais après observation de ces gros plans panoramiques de visages, leurs yeux n’ont rien à voir avec l’innocence de l’enfance, et les fillettes sont hantées par le conflit. En créant ces portraits mixés à des photographies digitales imprimées sur de la soie, l’artiste crée une série d’images graves qui explique comment le conflit peut être perçu par la génération de demain, les enfants d’aujourd’hui. Le spectateur est surpris par les scènes de génocides et d’attentats incrustés dans les pupilles de ces figures angéliques. Le procédé d’impression donne une qualité tridimensionnelle inquiétante, car la violence est comme figée dans une coquille vide. Entre les deux sujets, les poupées et les scènes de guerre, il y a un rapport mystérieux, clairement opposé.  Ce travail audacieux invite à réfléchir sur la manière dont sont traités les conflits à travers les médias. Le spectateur est choqué quand il se rend compte de ce qu’il a réellement sous les yeux, c’est le choc du bonbon qui se transforme en pilule amère. Plastiquement très réussie, cette œuvre au message fort ne devrait laisser personne indifférent, elle nous met face au monde que nous laissons à nos enfants.

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Lydia Venieri, Gaza Bombing, 2007, Impression sur soie, 51 x 102 cm

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.