Kimiko Yoshida


Biographie

Née en 1963 à Tokyo, elle vit et travaille en France depuis 1995. Kimiko Yoshida est une artiste contemporaine japonaise qui tire de son enfance toute son inspiration. « J’ai fui le Japon parce que j’étais morte. Je me suis réfugiée en France pour échapper à ce deuil. Quand j’avais trois ans, ma mère m’a mise à la porte. J’ai quitté la maison en emportant une boîte avec tous mes trésors. Je me suis réfugiée dans un jardin public. La police m’a retrouvée là, le lendemain. Depuis, je me suis toujours sentie nomade, vagabonde, fugitive. » D’abord créatrice de mode à Tokyo, elle s’installe en France pour étudier la photographie à Arles.

Dans la Collection Meeschaert

L’artiste a réalisé une série sur les femmes mariées, qui trouve son point de départ dans son enfance, marquée par le mariage arrangé de sa mère et l’humiliation subie. Hommage à ces femmes à la liberté de choix niée et prises dans la servitude du mariage arrangé, elle incarne une mariée symbolique dans la force de sa condition. Dans La Mariée japonaise, l’impression d’effacement est renforcée par la monochromie, chaque détail est pensé, intégré, où Kimiko Yoshida se cache et se dévoile à la fois, ne faisant qu’un avec le décor. « Cette recherche sur la monochromie est une réflexion sur les instants successifs de l’identité, un travail sur l’effacement de moi-même dans le resurgissement de l’image de moi. Le monochrome délivre un infini chromatique qui est un infini temporel. » Son art développe une réflexion contemporaine contre les clichés de la séduction, contre la servitude volontaire des femmes et contre les identités communautaristes. Et c’est en cela que son message est universel et bouleversant.

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Kimiko Yoshida, La Mariée japonaise. Autoportrait., 2003, Photographie, 120 x 120 cm

Style

Ses autoportraits quasi monochromes, aux formats carrés, troublent par leur beauté et la puissance des couleurs. Ils respectent tous le même protocole : sujet, cadrage, taille (142 x 142 ou 120 x 120 cm). Les clichés parlent de sa sensibilité féminine, ses rebellions, en guise d’hommage à toutes les femmes oppressées du monde. L’identité s’efface pour exprimer un message universel.

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.