Julia Fullerton-Batten


Biographie

Née en 1970 à Brême, est une photographe allemande. Après avoir vécu aux Etats-Unis et à Francfort, elle s’établit en Angleterre. Elle a étudié au Berkshire College of Art & Design puis a été assistante de photographes en freelance. Elle devient professionnelle en 2005 et vit aujourd’hui à Londres. Julia Fullerton-Baden a gagné des prix internationaux majeurs et présidé les jurys de nombreux concours. En 2007, elle est lauréate du Prix HSBC pour la photographie pour sa série Teenage Stories dans laquelle elle joue sur les proportions pour proposer une vision de l’adolescence hors des stéréotypes traditionnels. La force du travail de l’artiste c’est qu’elle arrive à nous raconter une histoire.

Dans la Collection Meeschaert

La série « A testament for love » (2013) illustre les conséquences de l’amour non partagé du point de vue féminin. Elle dépeint différents scénarios endurés par les femmes quand l’amour tourne mal. Les femmes se battent pour une fin heureuse mais se retrouvent trop souvent rejetées, abandonnées à leur sentiment de solitude, de peur, de regret et de résignation. Chaque image s’inscrit dans un contexte cinématographique, inspiré par le style de lieux et d’éclairage des films hollywoodiens des années 60 et 70, et le style d’Edward Hopper. Julia Fullerton-Batten capture le moment juste avant ou juste après le point culminant du scénario. Elle décrit en image les résultats d’une réunion infructueuse avec un amant, le produit d’un adieu douloureux ou simplement le reflet de nos angoisses intérieures. Ces scénarios sont chargés d’émotion et de tension et laissent au spectateur plus de questions que de réponses. Les femmes ne restent pas passives du drame de leur vie mais ont un rôle à jouer. C’est au spectateur de décider si elles quittent ou sont quittées, et les conclusions révèlent leurs expériences et leurs intentions.

378---Julia-Fullerton-Batten---The-Waiting-Game

Julia Fullerton-Batten, The Waiting Game, 2013, Photographie, 101,6 x 137,1 cm

Thématique : L’engagement au cœur de la démarche artistique

Depuis la fin des années 1960, la portée politique, sociale, environnementale ou identitaire de l’art contemporain est grandissante. De plus en plus d’artistes ont la volonté d’affirmer leurs convictions, de casser les codes. Les messages que portent les créations artistiques peuvent viser le gouvernement, le marché de l’art, la société de consommation ou les injustices. L’avènement de pratiques dites in situ comme le street art par exemple, replace l’œuvre dans l’espace public et interroge sur la politique de l’œuvre. La question de l’engagement renvoie aux techniques utilisées, à la nature des lieux de production et d’exposition et à l’impact sur le public. Certains artistes ont choisi de défendre une cause, comme l’atteinte à la biodiversité, ou de prendre position contre un régime politique. Les visuels sont forts, ils cherchent à choquer et ne laissent pas indifférent.