Gregory Crewdson


Biographie

Né en 1962 à Brooklyn, il vit et travaille à New York. Il étudie la photographie, et dès ses débuts s’intéresse à l’Amérique rurale. Gregory Crewdson réalise des œuvres sur l’envers du rêve américain en photographiant des scènes de quartiers. L’idée de ses inventions est venue de son enfance ; fils de psychanalyste il se souvient avoir entendu les confessions de patients. Ces récits névrotiques l’ont poussé à la photographie, à mi-chemin entre cinéma fantastique et série télévisée, évoquant la face noire du rêve américain. Ses scènes font l’objet d’une élaboration et mise en scène minutieuse, en studio, par des décorateurs, des maquilleurs, des éclairagistes et des stylistes.

Dans la Collection Meeschaert

Dans les photographies Untitled Esther Terrace #2, Worthington Street #1 et The Madison #1, le fait que l’interprétation soit obscure incite à examiner avec attention le sujet central de l’image pour en mesurer le danger, et à promener le regard partout pour éclaircir la situation.

365---CREWDSON-Gregory---Untitled-(Worthington-Street-#1)

Gregory Crewdson, Untitled (Worthington Street #1), 2006, Photographie, 43,2 x 55,9 cm

Style

Le spectateur est alors dans une scène de film, qu’il prend en cours, et qu’il ne comprend pas. L’image illustre une solitude captée au moment le plus intense. Gregory Crewdson construit un tableau qui offre plus de questions que de réponses. Ses séries photographiques doivent beaucoup à Edward Hopper, Stephen King, David Lynch.

Thématique : Le quotidien dans l’art

Le quotidien est la vie qui revient de manière répétitive et prévisible. Il est une source d’inspiration pour les artistes, qui documentent le réel à travers une idée, un lieu, une histoire. Des orientations singulières sont prises pour raconter ce qu’ils ont vu ou vécu. Inscrites dans la modernité, les œuvres sont symboles de la société, elles sont des images de référence. Le quotidien est devenu une banque d’images dans laquelle puiser, il s’agit d’explorer la réalité pour la rendre extraordinaire. L’art s’installe dans notre quotidien, en tous lieux, dans l’espace public, et envahit le réel. Le street art par exemple sublime le quotidien et détourne le paysage urbain. La photographie quant à elle, permet d’intégrer le quotidien dans l’art en capturant l’architecture, le paysage, les gens. Le monde familier se trouve ainsi sublimé. « L’œil de l’artiste permet de découvrir sous un jour nouveau le quotidien […], qui se trouve réinventé à travers les propositions créatives. » Global Corporate Collections. Des natures mortes de Cézanne, aux accumulations d’Arman, l’art depuis longtemps déjà est indissociable de la vie ordinaire.