Frank Perrin


Biographie

Né en 1963 à Paris, Frank Perrin est philosophe, critique, créateur de revues et de magazines et photographe du post-capitalisme.

Dans la Collection Meeschaert

La série Streets représente des grandes avenues des capitales économiques financières : Paris, New York, Milan, Londres, Hong Kong, Séoul, Tokyo. Le plan est panoramique, et déroule de manière horizontale les façades des enseignes de luxe. « Le capitalisme ne parle qu’une langue, et son maigre vocabulaire restreint aux marques de l’économie du luxe dit toute la pauvreté du sens qu’elle véhicule ». La ville devient une simple vitrine, un commerce de produits réduit à des signes : le logo est roi. Frank Perrin, avec son projet Postcapitalisme, nous plonge dans le capitalisme libéral et mondialisé, sur fond d’architecture uniformisée.

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Frank Perrin, Streets 002 (New York), (postcapitalism, section 2), Photographie, 75 x 230 cm

Style

« Ce qui m’intéresse, explique l’artiste, c’est de saisir les fantasmes collectifs, les obsessions contemporaines, et série après série, d’en faire une sorte de catalogue raisonné. La beauté, la mode, le spectacle, la planétarisation du futile : j’essaie d’attraper ces choses-là, ces fascinations qui sont de l’ordre à la fois de l’image extérieure et de l’image intériorisée, cette mousse des vagues de l’obsession, de les attraper dans mes filets comme un chasseur de papillons. […] il en va de même pour la mode, elle aussi a été absorbée, intériorisée. Dans les années 1960, on la regardait comme on regarde la télévision, à distance – mais aujourd’hui la mode est en nous, en face de nous : nous, les gens, sommes devenus la mode. »

Thématique : Le quotidien dans l’art

Le quotidien est la vie qui revient de manière répétitive et prévisible. Il est une source d’inspiration pour les artistes, qui documentent le réel à travers une idée, un lieu, une histoire. Des orientations singulières sont prises pour raconter ce qu’ils ont vu ou vécu. Inscrites dans la modernité, les œuvres sont symboles de la société, elles sont des images de référence. Le quotidien est devenu une banque d’images dans laquelle puiser, il s’agit d’explorer la réalité pour la rendre extraordinaire. L’art s’installe dans notre quotidien, en tous lieux, dans l’espace public, et envahit le réel. Le street art par exemple sublime le quotidien et détourne le paysage urbain. La photographie quant à elle, permet d’intégrer le quotidien dans l’art en capturant l’architecture, le paysage, les gens. Le monde familier se trouve ainsi sublimé. « L’œil de l’artiste permet de découvrir sous un jour nouveau le quotidien […], qui se trouve réinventé à travers les propositions créatives. » Global Corporate Collections. Des natures mortes de Cézanne, aux accumulations d’Arman, l’art depuis longtemps déjà est indissociable de la vie ordinaire.