Boris Mikhaïlov


Biographie

Né en 1938 à Kharkov en Ukraine, Boris Mikhaïlov a suivi une formation d’ingénieur avant d’être photographe. Mais, à la fin des années 1960, le KGB découvre des photos de nu de sa femme et lui interdit d’exercer son métier d’ingénieur. Il se consacre alors à temps plein à sa passion. Il a exposé ses photographies dans le monde entier : le MOMA de New York lui a offert une rétrospective en 2011.

Dans la Collection Meeschaert

Boris Mikhaïlov, avec At Dusk, propose un langage monochrome. Ces œuvres teintées de bleu apparaissent comme vieillies et permettent de représenter au mieux l’heure bleue du crépuscule. L’artiste évoque l’effondrement de l’Union soviétique à travers ces mises en scène contemporaines. A mi-chemin entre l’art conceptuel et la photographie documentaire, Boris Mikhaïlov propose sa propre histoire.

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Boris Mikhaïlov, At Dusk, 2000, Photographie, C-print,62 x 129 cm

Style

Ses premières photographies proposent une vision acerbe de la vie quotidienne durant l’époque soviétique. Dans les années 1970, il réalise une série de scènes où il utilise un filtre rouge, couleur de la révolution d’octobre et des partis politiques. Après la chute du régime soviétique, Mikhaïlov présente trois séries dans lesquelles il étudie les conséquences de l’échec de l’Union soviétique pour la population et l’incapacité à passer au mode de vie capitaliste. En 2004, sa série sur Berlin critique la politique actuelle et son œuvre a été jugée à la fois documentaire et sociale.

Thématique : Le quotidien dans l’art

Le quotidien est la vie qui revient de manière répétitive et prévisible. Il est une source d’inspiration pour les artistes, qui documentent le réel à travers une idée, un lieu, une histoire. Des orientations singulières sont prises pour raconter ce qu’ils ont vu ou vécu. Inscrites dans la modernité, les œuvres sont symboles de la société, elles sont des images de référence. Le quotidien est devenu une banque d’images dans laquelle puiser, il s’agit d’explorer la réalité pour la rendre extraordinaire. L’art s’installe dans notre quotidien, en tous lieux, dans l’espace public, et envahit le réel. Le street art par exemple sublime le quotidien et détourne le paysage urbain. La photographie quant à elle, permet d’intégrer le quotidien dans l’art en capturant l’architecture, le paysage, les gens. Le monde familier se trouve ainsi sublimé. « L’œil de l’artiste permet de découvrir sous un jour nouveau le quotidien […], qui se trouve réinventé à travers les propositions créatives. » Global Corporate Collections. Des natures mortes de Cézanne, aux accumulations d’Arman, l’art depuis longtemps déjà est indissociable de la vie ordinaire.