Alain Clement


Biographie

Né en 1941 à Neuilly sur Seine, il vit et travaille à Nîmes et Paris. Artiste contemporain proche de Supports / Surfaces (mouvement fondé en 1969 par Claude Viallat, Patrick Dezeuze…) il crée en 1969 avec Jean Azimard et Vincent Bouliès le groupe ABC production. Il expose à la galerie Oniris à Rennes depuis 1993.

Dans la Collection Meeschaert

Les huiles sur toile, métal ou aluminium sont traversées de lignes souples, de rubans de gymnastique. La gamme colorée reste sur les couleurs habituelles de l’artiste : blanc, rouge, bleu, noir, dans une déclinaison franche. Dans 04 – N – 12 – P, 04 – 0C – 2 – P, et 04 – 0C – 5 – P, il y a toujours un volume dans sa peinture, la forme dessine le fond. A partir de 1990, il s’intéresse à la sculpture en acier peint, il passe de la toile à la construction. « Construire était mon projet et je me projetai dans l’image des constructeurs de Fernand Léger. Monter un ensemble improbable qui tenait pas la seule force des poutres de couleur et qui ne se servaient ni des lois physiques, ni de la géométrie des architectes. Une architecture que seule la peinture rend viable. De cette façon, la construction bâtie dans l’illusion du tableau m’a donné les outils pour continuer : sortir de la peinture pour entrer dans la sculpture.» La sculpture 11 – A – 10 – S est une composition « non figurative » qui n’a pas de sujet, mais dans laquelle le mouvement et l’écriture prennent en compte l’espace de l’œuvre. Une grande force colorée et une souplesse des formes en rubans illustrent l’ensemble. Le travail d’Alain Clément est « faussement gestuel », moins spontané qu’il n’y paraît, les compositions ne sont pas le fruit d’un simple geste, mais d’une profonde réflexion. L’arabesque souple qui traverse l’espace rebondit sur les bords pour former un enchevêtrement, un signe abstrait qui hypnotise le regard.

302---Alain-Clément,-11-A-10-S

Alain Clement, 11-A-10-S, 2011, Sculpture, Métal peint, 98 x 66 cm

Style

Alain Clément développe des œuvres gestuelles qui se situent entre expression et construction. Il fait des allers retours constants entre peinture et sculpture. Ses compositions colorées font appel au corps, à l’écriture et prennent en compte l’espace. Luminosité, souplesse, déséquilibre, émanent de chaque tableau. Les huiles sur toile, métal ou aluminium sont traversées de lignes souples, de rubans de gymnastique. La gamme colorée reste sur les couleurs habituelles de l’artiste : blanc, rouge, bleu, noir, dans une déclinaison franche.

Thématique : L’abstraction pour sujet

Les premières œuvres d’art abstrait apparaissent au début du XXème siècle et révolutionnent l’histoire de la peinture. Des artistes montrent des formes qui ne représentent pas le monde extérieur. L’abstraction s’oppose à la figuration car elle rompt le lien entre l’œuvre et la réalité. Le triomphe de la couleur, de la forme et l’absence de référent figuratif sont les signes de cette nouvelle liberté dans l’art. Le but est de faire ressentir aux visiteurs l’intensité des œuvres par l’émotion. C’est une attention nouvelle aux matières et à la pénétration de la lumière, cela questionne l’impact des couleurs sur notre univers. Les peintres abstraits sont émus par la simplicité des formes, ils ne sont pas intéressés par la représentation exacte de la nature, ils privilégient le geste et l’espace. La peinture libérée de tout sujet invite à l’imagination et à faire le vide dans un monde saturé d’images. Beaucoup d’historiens s’accordent à dire que l’abstraction est née du travail de deux artistes russes (Kandinsky et Malevitch) et d’un artiste néerlandais (Mondrian). Les peintres expérimentent de nouvelles images et formes, en quête d’un monde intérieur. C’est après l’invention de la photographie en 1839 que certains artistes ont remis en question le besoin de reproduire la réalité puisque la photographie le fait très bien. La couleur et la forme / Le geste et la ligne / La géométrie / L’illusion de la perception / L’émotion et la méditation.