Aakash Nihalani


Biographie

Né en 1986 à New York, il vit et travaille à Brooklyn. Fils d’immigrés indiens, il grandit dans le New Jersey jusqu’à son retour à New York en 2004 pour intégrer une école d’art. Rapidement il se fascine pour l’architecture urbaine, « ma première source d’influence, dit-il, c’est la ville elle-même ». Artiste de street art, Aakash Nihalani combine une palette de couleurs vives avec des formes géométriques abstraites. Il a commencé par réaliser des installations à partir de scotch dans les rues de New York, la ville est son terrain de jeu. « En ville, les couleurs et les tons sont neutres. J’aime rehausser le décor de couleurs fortes, brillantes et lumineuses. » Aujourd’hui, Aakash Nihalani expose en galerie et poursuit sa découverte extérieure en posant ses cubes de rubans adhésifs fluos dans les rues.

Dans la Collection Meeschaert

Par ses œuvres sur toile, telles que Passage (Blue), Aakash Nihalani produit des illusions d’optique. Quand on regarde son travail, des changements d’orientation s’opèrent, les formes se confondent, le premier plan devient le fond, et vice versa. La perception de l’œuvre est subjective et dépend de la façon dont nous choisissons de voir la réalité. Les formes viennent transpercer les modèles comme si le street art demandait à sortir du mur. Le système semble simple mais encore fallait-il y penser. « J’essaie de créer de nouveaux espaces avec les espaces existants dans notre quotidien, pour que les gens puissent y entrer librement, et déconnecter de la réalité, de manière inattendue » explique Aakash Nihalani. « Le street art permet un engagement plus fort de l’interactivité avec le spectateur par rapport au graffiti », dit-il.

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Aakash Nihalani,Passage (Blue),2013,Acrylique sur toile,aimants,bois,45,7 x 119,4 cm

Style

Amoureux de la géométrie, il joue avec les formes les plus simples, carrés et rectangles, « pour mettre en avant les contours et l’élégante géométrie de la ville » explique-t-il. Il place ses formes en leur donnant une certaine perspective. Grâce aux inclinaisons, il arrive à créer de véritables illusions d’optique urbaines. Les œuvres d’Aakash Nihalani sont des trompe-l’œil. « Je suis tombé sur les rubans adhésifs par accident », raconte-t-il, « j’utilisais un rouleau de peinture pour attacher mes toiles. Cela a marqué une ombre en forme de cube au sol qui correspondait aux compositions de mes gravures. J’ai décidé de souligner cette ombre avec de la bande adhésive et ça a tout de suite pris sens. »

Thématique : L’abstraction pour sujet

Les premières œuvres d’art abstrait apparaissent au début du XXème siècle et révolutionnent l’histoire de la peinture. Des artistes montrent des formes qui ne représentent pas le monde extérieur. L’abstraction s’oppose à la figuration car elle rompt le lien entre l’œuvre et la réalité. Le triomphe de la couleur, de la forme et l’absence de référent figuratif sont les signes de cette nouvelle liberté dans l’art. Le but est de faire ressentir aux visiteurs l’intensité des œuvres par l’émotion. C’est une attention nouvelle aux matières et à la pénétration de la lumière, cela questionne l’impact des couleurs sur notre univers. Les peintres abstraits sont émus par la simplicité des formes, ils ne sont pas intéressés par la représentation exacte de la nature, ils privilégient le geste et l’espace. La peinture libérée de tout sujet invite à l’imagination et à faire le vide dans un monde saturé d’images. Beaucoup d’historiens s’accordent à dire que l’abstraction est née du travail de deux artistes russes (Kandinsky et Malevitch) et d’un artiste néerlandais (Mondrian). Les peintres expérimentent de nouvelles images et formes, en quête d’un monde intérieur. C’est après l’invention de la photographie en 1839 que certains artistes ont remis en question le besoin de reproduire la réalité puisque la photographie le fait très bien. La couleur et la forme / Le geste et la ligne / La géométrie / L’illusion de la perception / L’émotion et la méditation.